Mardi 22 juillet 2008


De manière inattendue, l’insertion sous toutes ses formes a fait l’objet de pas mal d’étapes de mon parcours jusqu’ici. J’en ai eu un avant goût à Cergy, avec Césame (je vous renvoie à mes posts depuis Cergy). Puis il y a eu Toulouse, Bordeaux et Lens…

Se familiariser avec l’IAE, autrement dit l’Insertion par l’Activité Economique est plus que laborieux car il existe toute une palette de structures destinées à rapprocher de l’emploi en entreprise classique des personnes qui en sont éloignées. Les principales raisons sont les problèmes de santé, le manque de qualification et l’absence de maîtrise orale ou écrite du français. Essayons d’y voir plus clair:

1) Toulouse : régie de quartier

Savez- vous ce qu’est une régie de quartier? Moi, avant de venir à Toulouse, je n’en avais pas la moindre idée ! Il s’agit d’une association dont les missions principales sont l’entretien des espaces verts, des rues et des bâtiments d’un quartier. Elle permet d’employer des habitants qui n’ont pas de qualification et souvent peu d’expérience du monde du travail, de recréer du lien social tout en améliorant le cadre de vie.

A Toulouse, la régie de quartier de Bagatelle va plus loin puisqu’elle est une entreprise d’insertion. Comme une entreprise classique, elle répond à des commandes de la ville ou des bailleurs pour lesquels ses salariés effectuent des travaux de nettoyage, de peinture etc. Elle leur propose parallèlement un accompagnement vers l’emploi en finançant par exemple une formation, des cours de français ou encore le permis de conduire. Elle ne peut embaucher plus de deux ans sur ce type de contrats d’insertion. Près de 40 personnes travaillent ainsi à la régie de quartier de Bagatelle qui a le projet d’ouvrir un bar associatif à l’automne.

Malgré les difficultés liées au public salarié souvent en grande précarité, beaucoup s’en sortent grâce au tremplin que leur offre cette association.

Il ne faut pas oublier que la sélection pour entrer ou rester dans une entreprise d’insertion est assez rude et qu’en période de chômage, c’est souvent « le haut du panier » des demandeurs d’emploi qui est pris. Et ce, parce qu’une entreprise (même d’insertion) doit être performante et honorer ses commandes. Mais aussi parce que les structures d’insertion doivent rendre des comptes très précis sur l’accompagnement et l’insertion à venir de leurs employés.

2) Bordeaux : L’Atelier du Grand Port.

Là non plus, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être un atelier de pré qualification tel l’Atelier du Grand Port. Il s’agit en fait d’une structure qui doit redonner aux personnes qu’elle accueille les compétences, la confiance et la motivation pour entamer dans un second temps une formation qualifiante. Ici, la plupart des apprentis sont des jeunes sans qualification ou des personnes en reconversion, envoyés par la Mission Locale et l’ANPE pour acquérir des techniques porteuses sur le marché de l’emploi.

C’est avec passion et pédagogie que Michel et l’équipe de l’Atelier vont faire le pari de former en quelques mois ces jeunes aux techniques de soudure, de tournage fraisage, avec à la clé une qualification possible, dans une autre structure, en métallurgie traditionnelle ou en aéronautique.

Le fait est que beaucoup de ceux qui passent par ici sont embauchés à la suite de leur premier stage, alors même qu’ils n’ont pas fait de formation qualifiante ! Contrairement à l’enseignement professionnel classique, l’Atelier du Grand Port insiste beaucoup sur le goût du travail bien fait : les pièces réalisées ne sont pas jetées mais deviennent des oeuvres d’art ou des pièces utiles pour eux-mêmes et leur famille. Les élèves se sentent ainsi valorisés dans leur travail et sont d’emblée responsabilisés.


Les formateurs, tels Michel qui a travaillé toute sa carrière chez Ford, insistent beaucoup sur l’apprentissage des techniques. Les cours             « théoriques » ne sont dispensés que s’ils peuvent aider à la pratique. Ils tiennent aussi beaucoup à la dimension artistique du maniement des métaux : les élèves créent des objets de la vie courante (panneaux, barbecues..) de petites œuvres d’art et même les décors d’une pièce de théâtre qu’ils ont joué. Bref, le travail de la matière et la création redonnent à ces jeunes dignité et confiance en eux, ce qui est aussi indispensable que la formation technique.

Cet atelier de pré qualification est assez unique en France. Il est complémentaire des écoles de production, présentes dans plusieurs villes de France. Celles-ci ont le même esprit : créer utile en répondant à cette fois-ci à des commandes réelles, formation par des professionnels, apprentissage à l’atelier des règles de l’entreprise (ponctualité, travail bien fait, politesse..). Mais elles prennent des personnes plus jeunes (dès 15 ans) et visent à l’obtention d’un diplôme. Je ne peux que vous renvoyer au site Internet des écoles de productions, dont certaines sont membres du réseau ignacien: http://www.jesuites.com/missions/foi_et_justice/ecoleprod.htm

Si l’on pense que ces formes alternatives à l’Education Nationale ne sont pas reconnues alors qu’elles permettent à des jeunes difficiles, qui ont échoué dans tous les circuits classiques, de s’en sortir, on peut se poser des questions sur la volonté réelle du gouvernement à sortir les gens de la misère et de la délinquance !

3) Lens : groupe ARDENSE

(ci dessous: Jean-Luc, salarié d’ARDENSE et conseiller municipal de Carvin, et son épouse)

Enfin, nous en venons au groupe associatif ARDENSE de Lens, crée par des chômeurs qui se sont regroupés en association militante (Association pour le Droit au Travail) et ont voulu créer des emplois. Alors là, vous êtes servis, car ARDENSE regroupe presque toutes les formes de structures d’insertion possibles : atelier chantier d’insertion RECUP’TRI qui collecte le verre à domicile ; association intermédiaire RELAIS TRAVAIL qui met à disposition du personnel pour des petits travaux chez des particuliers ; entreprise d’insertion MAIN FORTE qui fait du transport routier et ETEL qui fait de l’ébarbage (finition des pièces en fonte). Et même une entreprise classique de tri postal, EQUIPACT, sans oublier une structure d’aide à la création d’emploi, GERMES d’ACTIVITES, qui accompagne les micro entreprises. Près de 300 personnes ont ainsi pu être accompagnées vers l’emploi par le point accueil de l’association, embauchées selon leurs capacités par les différentes structures du groupe ou par des partenaires.

Le problème, comme le dit l’assistante sociale Amélie, est que ce parcours d’insertion débouche finalement rarement sur un emploi classique car le bassin de l’emploi est sinistré. En outre, les gens accueillis sont très sédentaires et n’ont souvent pas de voiture. Aller à Arras pour se former ou faire 30 min de transport pour un travail est impensable pour beaucoup. Il est vrai que la mentalité minière est encore forte. A l’époque, le travail était en bas de chez soi de même que tous les services. Il est difficile de faire évoluer les mentalités !

Beaucoup de ces structures bénéficient du FSE, Fond Social Européen. Le problème est que l’obtention de ces fonds nécessite de rendre des comptes de plus en plus drastiques (il faut par exemple garder ses agendas des années précédentes pour prouver le travail fait et noter le temps exact, à la minute près, d’un entretien ou d’un coup de téléphone !). Les petites structures ne sont pas en capacité de monter de tels dossiers, qui requièrent d’embaucher quelqu’un exclusivement pour les demandes et compte rendus de subventions.

D’autre part, c’est un travail de longue haleine de réinsérer quelqu’un, et cela dépend aussi de l’emploi possible à la sortie. Les demandes de résultats ne prennent pas en compte cette réalité. Il faut ainsi près de 8 ans pour insérer durablement un jeune en rupture scolaire qui a pu souffrir de carences affectives et d’un milieu défavorisé. Pour ce faire, il faut des personnes engagées, passionnées, qui motivent et transmettent le goût de leur travail et de la valeur travail. Il faut aussi continuer à subventionner sur des structures qui accueillent même le fond du panier, et pas seulement des personnes « proches de l’emploi ».

Georges Jousse (en photo avec son épouse), ancien coordinateur du réseau des écoles de production que j’ai eu la chance de rencontrer à Bordeaux, insiste beaucoup sur la responsabilité éducative des adultes envers les jeunes et plus largement de la société envers ses demandeurs d’emploi. Un exemple tout bête à Lens : l’association pour le droit au travail a dû se battre âprement pour que la mairie accepte de maintenir le ramassage du verre à domicile au lieu de mettre des containers ! Or, que ce soit le ramassage des poubelles ou toutes sortes de travaux qui peuvent être réalisés par des personnes non qualifiées, il est de la responsabilité des élus et des citoyens de se battre pour maintenir ce type d’emplois. Car le chômage a, lui aussi, un coût !

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Lundi 21 juillet 2008


Bonjour à tous!

Débordée par mes multiples rencontres, voilà maintenant quatre jours que je suis dans le Nord Pas de Calais, et je n’ai toujours rien dit de mon escale ici ni de mon passage à Bordeaux en début de semaine…bon, il vous faudra patienter un peu!

Quoi qu’il en soit, je suis passée de l’accent chantant du sud ouest à celui, non moins typique depuis le film bien connu, du nord.

A vrai dire, en débarquant à la gare de Lens, j’ai bien cru que j’avais passé le tunnel sous la Manche: les maisons de briques rouges, bars qui ressemblent à des “pubs”, il y a toujours au moins quelques nuages dans le ciel …. Quel contraste entre Toulouse et le pays des corons! Les petites têtes blondes ou rousses, les friteries, les terrils….J’aime cette France riche de ces régions si diverses!

Je suis traitée comme une poule en pâte chez les “Petites Soeurs de l’Ouvrier” qui habitent tout près de Lens, à Sallaumines, dans une maison HLM. Cette petite congrégation a été fondée tout spécialement pour être dans le monde ouvrier, et travailler avec eux. Fernande a ainsi passé toute sa vie comme travailleuse familiale, notamment dans le quartier très pauvre des “Longues Haies” de Roubaix. Elle a ainsi acquis une longue expérience de la culture ouvrière. Quant à Odile, avec son caractère bien trempé, après avoir été caissière pendant 13 ans à Paris, elle a crée ici une association nommée “pour le droit au travail”. Il est vrai que depuis la fermeture des mines et des entreprises de tissage, le bassin dépasse les 30 pour cent de chômage. Cela provoque l’oisiveté, le découragement et quelquefois un goût pas toujours modéré pour la boisson….

J’ai eu la chance de passer une journée fort intéressante au foyer d’hébergement et d’accueil La Boussole à Lens. Les personnes sans abri qui le désirent sont hébergées ici puis accompagnées afin de pouvoir ensuite, éventuellement, basculer sur un CHRS et entamer une démarche d’insertion. La problématique de l’alcool et du chômage est très présente, pour des personnes dont la vie a basculé, par exemple suite à un licenciement ou à un divorce. L’un de ces hommes accueillis était représentant en sous vêtements féminins! Dans ce foyer, ils réapprennent l’hygiène (je ne savais pas que prendre une douche était pour certains un acte irréalisable) , le respect des horaires et le soin de leur personne. J’ai apprécié la présence de l’infirmière, qui a montré mieux que personne ce que veut dire “prendre soin”. J’ai également été agréablement surprise de voir que le 115 (numéro d’urgence pour les sans logis qui n’aboutit guère sur un toit dans les grandes agglomérations) travaille en partenariat avec une équipe mobile. Celle-ci sillonne les coins où sont les sans abri qui ne souhaitent pas venir au foyer. Ceux-ci appellent le 115 pour recevoir un repas, et c’est parfois l’occasion d’un accompagnement vers le foyer pour une douche ou des soins. On est bien loin du 115 anonyme que je connaissais jusqu’ici. L’équipe connaît d’ailleurs bien les sans-logis, et ces derniers connaissent par coeur la douce voix de Christine, standardiste du 115.

La suite très bientôt!

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Jeudi 17 juillet 2008


 Alors que j’ai déjà quitté Toulouse depuis quelques jours, je n’oublie pas de remercier les personnes qui m’ont aidée à mieux comprendre leur environnement.

Merci au père Paul et au père  François qui m’ont parlé avec chaleur de la “pastorale des migrants”. Celle-ci, au Mirail, tourne autour de trois axes:

 

  • création et consolidation de communautés de vigilance pour être à même de réagir vite en cas, notamment, d’expulsion. Concrètement, si une personne d’origine Sénégalaise par exemple est expulsée, sa communauté d’origine, rapidement informée, pourra demander un soutien à la paroisse et monter un comité. Cela a déjà porté ses fruits avec une étudiante Gabonaise.
  • soutien au développement local: la personne migrante laisse bien souvent derrière elle une famille, des voisins, des amis voire un village qui compte sur son soutien financier. Elle ne peut refuser, et finit parfois par se surendetter ici. La pastorale envisage donc de soutenir des projets locaux dans les pays d’origine des migrants.
  • partage de la Parole: j’ai été frappée, à la messe du dimanche, par les intentions de la prière universelle. Celles-ci sont dites par les paroissiens qui peuvent spontanément prendre le micro. Cela fait partie d’une volonté de l’équipe liturgique de donner sa place à chacun.

Je remercie aussi Odile qui m’a fait visiter une partie du Mirail ainsi que les soeurs de la Providence qui m’ont invitée chez elles.

Enfin, je salue Sophie et Laurent, deux jeunes assistants sociaux de secteur, qui m’ont gentiment accordé de leur temps pour évoquer ensemble les joies et misères du travail social en banlieue.

Je retiens leur détermination à exercer une mission de service public dans un contexte difficile et précaire. Ils sont souvent pour le public les seuls interlocuteurs d’un Etat qui ne répond pas aux besoins, notamment en termeS de travail et de logement. Leur marge de manoeuvre est mince mais ils donnent le maximum pour trouver des solutions, souvent dans un contexte de grande urgence.

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Jeudi 17 juillet 2008


(à TO7)

Pour répondre aux  pertinentes questions d’Anne Catherine dans un commentaire de mon dernier post, on peut effectivement se demander pourquoi, à Cergy, l’environnement semble plutôt paisible et attirant alors qu’à Toulouse, les quartiers du Mirail sont en partie en déréliction.

Je n’ai pas, de loin, toutes les ficelles du problème, mais voilà quelques points qui peuvent vous éclairer :

Cergy est une ville nouvelle des années 80, conçue avec des moyens conséquents pour désengorger Paris et de grosses subventions pour la construction des logements sociaux. Elle a bénéficié d’une pensée globale et articulée, avec, comme figure essentielle à sa fondation, le père de Martin Hirsch, architecte de profession et maire de la ville. Les maires suivants ont continué dans le même sens, achevant des constructions à 40 pour cent sociales, ce qui laisse tout de même place à de la mixité puisque les 60 pour cent restants sont de l’habitat de type « classique ». De nombreuses entreprises, comme Vuitton par exemple, y ont installé leur siège.

Au Mirail, il s’agit d’un projet de ville nouvelle des années 60, très ambitieux lui aussi, mais qui n’a jamais pu être achevé, puisque les changements de majorité à la mairie ont mis un frein à son développement. Du coup, les logements - à 80 pour cent sociaux - ont certes été achevés, mais on ne trouve que très peu de commerces. Le tout a pris un coup de vieux au fil du temps, et ce qui devait être une ville attractive et auto-suffisante est devenu peu à peu une nécrose de Toulouse, où ne viennent que les personnes qui ne trouvent pas à se loger ailleurs.

A Cergy comme à Toulouse, des logements ont été construits en « accession à la propriété ». Des personnes aux revenus modestes ont acheté leur appartement ou leur petite maison, mais se sont rapidement trouvées en difficultés quand il s’est agit de l’entretien global du bâtiment.

 

  Et maintenant, quel avenir pour le Mirail ? Doit-on raser le tout « gratis » ? Disperser la population ? Attirer des populations aisées ?

Plusieurs « solutions » sont émises :

1)      Raser le tout, reconstruire à une échelle plus humaine des logements diversifiés et disperser la population. Le problème est que personne ne veut de la « racaille du Mirail » (expression apparemment employée par certains) et que des communes autour de Toulouse préfèrent encore payer l’amende que de construire leur quota de logements sociaux. Venir d’un quartier à mauvaise réputation, cela ferme des portes. George Jousse à Bordeaux ( dont je vous parlerai plus amplement plus tard) en a fait les frais. Ayant déménagé en centre ville, le lycée de secteur a refusé d’inscrire ses enfants qui avaient auparavant été scolarisés dans une cité…

2)      « Pas de destruction sans reconstruction » : c’est un peu le mot d’ordre de la population du Mirail repris par le Grand Projet de Ville. Mais alors, il n’y aura pas plus de mixité sociale demain qu’aujourd’hui, et toujours une très forte densité de population en difficulté réunie sur un même secteur. Certes, les logements seront plus beaux, mais si leur loyer reste inchangé, les charges locatives le feront doubler !

3)      On envisage par ailleurs de construire des infrastructures qui attirent les habitants du centre ville, pour désenclaver ces quartiers. C’est une idée, mais cela ne crée pas de mixité sociale au quotidien,  plutôt une migration pendulaire culturelle qui ne va pas forcément changer l’image que se font les « riches » de ces quartiers. Sans parler de certains centres culturels bâtis au Mirail, qui ne font pas assez d’efforts pour proposer des activités qui plaisent aux habitants ; et de certains édifices et institutions qui sont, selon les mots d’une habitante, des « grumeaux » aux allures de blockhaus et qui empiètent sur le peu d’espaces verts laissé aux habitants….

4)      Bref, pourquoi ne pas détruire et reconstruire, avec des critères d’habitat plus diversifiés ? C’est le cas des co-propriétés qui se « résidencialisent », en mettant tout autour de leur bâtiments des barrières. Le problème reste celui d’un vivre ensemble qui se perd et risque d’engendrer toujours plus d’incompréhension. Et, pour la population déplacée, souvent issue de l’immigration ou pied noir, c’est un énième déracinement. Comment construire paisiblement son identité avec un tel parcours ?

 

Pas de solution miracle, évidemment, mais le GPV (Grand Projet de Ville) semble pour le moment davantage un replâtrage qu’un vrai projet global. Avec la fin de la carte scolaire, les écoles risquent de ne plus accueillir que les enfants les plus en difficultés, que les parents n’auront pu inscrire ou conduire ailleurs.

 J’ai longuement évoqué ces problèmes avec Sylvia, présidente de la Confédération Nationale du Logement dans le quartier du Tintoret. En effet, bien plus que d’aider les locataires à trouver un logement ou entretenir leur lieu de vie, Sylvia est une sorte de médiatrice entre ses voisins et les institutions. Un vrai projet, selon cette résidente du quartier depuis 25 ans, devrait prendre les problèmes à bras le corps, dans leur ensemble et en concertation. L’argent et l’urbanisme, c’est bien beau, mais ce qui fait le plus défaut, ce sont des personnes qui s’engagent dans la durée, mouillent leur chemise et dénoncent ce qui ne va pas. Mettre bien plus de moyens humains dans les quartiers (police de proximité, éducateurs etc) et jouir des mêmes chances et des mêmes droits que les habitants du centre ville, voilà ce pour quoi se bat sans relâche cette femme d’origine espagnole, qui dénonce sans langue de bois le manque de civisme et d’éducation de base de ses voisins, mais aussi le désinvestissement de l’Etat et de ses institutions au Mirail.

Voilà pour ces quelques réflexions sur une réalité toujours plus complexe.

 

 

 

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Dimanche 13 juillet 2008


Bonjour à tous, amis connus ou inconnus qui parcourez ce blog!

La suite de mes pérégrinations me conduit dans la ville rose, et dans ses banlieues où la vie quotidienne revêt parfois une teinte un peu plus sombre… 

 Mon emploi du temps de ces deux derniers jours au Mirail *, quartier ouest de Toulouse, a été très chargé, car j’ en ai profité pour rencontrer des acteurs associatifs et sociaux avant la fermeture de leurs locaux pour ce long week-end du 14 juillet.

Au programme du jeudi : une matinée à TO7 , association qui accueille largement les habitants du quartier de Reynerie*, la rencontre de deux assistants sociaux à Bellefontaine*, suivie de celle de deux prêtres du secteur engagés dans la pastorale des migrants. Sans oublier une réunion de concertation “Grand Projet de Ville” consacrée aux changements en cours et à venir pour améliorer l’environnement des banlieues, et enfin, une soirée chez les jésuites à Bagatelle*.

Et au menu du vendredi: visite des quartiers de Reynerie et Bellefontaine avec Odile, qui vit ici depuis 25 ans et a monté plusieurs projets associatifs dont Pour un sourire d’enfant qui propose du soutien à l’apprentissage de la lecture, à domicile; rencontre de l’association l’Ecole et nous montée par des femmes du quartier pour faire du lien entre le corps enseignant et les parents d’élèves par le biais de rencontres informelles et de débats. Petit temps avec l’ASVEC, Association Sport Vie Education Culture qui organise tout au long de l’année des sorties culturelles et sportives à but éducatif; enfin, visite de la régie de quartier de Bagatelle qui est aussi une entreprise d’insertion.

Il me faut bien maintenant un long week-end pour digérer tout cela!

* Vous avez dit Mirail, Bagatelle, Reynerie…???

Un petit éclaircissement sur l’histoire de ce très grand quartier s’impose. Je cite des extraits d’un article très bien fait, paru sur le site de l’association TO7:

“Au début des années 60, Toulouse s’asphyxie. Pour répondre aux besoins d’expansion de la ville, la municipalité lance un concours national d’urbanisme. Elle souhaite créer une ville, une cité satellite pouvant accueillir 100.000 personnes. Le terrain d’expansion choisi se situe à l’ouest de Toulouse sur 800 hectares de verdure.

Le concours est gagné en 1962 par un groupe d’architectes : S. Woods, P. Dony, A. Josic et G. Candilis, élève de Le Corbusier et architecte en chef du projet. Le terrain étant assez éloigné du centre, leur projet de base était de créer une ville a part entière composée de commerces, de bureaux et d’habitations. La ville devait se suffire à elle même et avait pour originalité de séparer les piétons des voitures en privilégiant la rue dans sa fonction de lieu de rencontre et d’échange pour les habitants. Deux niveaux de circulation sont mis en avant : un niveau souterrain pour les voitures , et un aérien pour les piétons. Par le biais de Dalle (rue aérienne) et de coursives, il était rendu possible de circuler d’un immeuble à l’autre, d’un quartier à l’autre, du nord au sud sans toucher terre.”

le Mirail est donc le nom générique qui regroupe plusieurs sous-quartiers tels Reynerie, la Faourette ou encore Bagatelle.

 Qu’en est-il aujourd’hui de cette utopie architecturale?

Force est de constater que vivre dans cette première ville nouvelle de France n’est plus un privilège.  

“C’est injuste de grandir ici” soulignent les assistants sociaux: passages incessants et bruyants des avions au dessus des barres à Bagatelle, ascenseurs dans plusieurs logements qui ne desservent que les 5eme et 9eme étages (!!), bâtiments bétonnés, murs taggés, coursives bloquées….

Au-delà des hérésies architecturales, l’idée des concepteurs était que toutes les activités sociales devaient être à proximité des logements. Mais cela conduit encore aujourd’hui beaucoup de jeunes du quartier à ne jamais sortir d’un périmètre de quelques centaines de mètres carrés que constitue le triangle maison, école, centre de loisir…

Bref, un ensemble de quartiers à la réputation déplorable,  ce qui ne favorise pas une mixité sociale en panne, et une conception initiale des lieux qui maintient la “ghettoïsation”. (ci dessous: quelques pierres peintes pour embellir un environnement vraiment pas terrible, à Bagatelle)

Et pourtant, avec les infrastructures en place (centres culturels, piscines…) , le Grand Projet de Ville, et la proximité géographique du centre ville, c’est un lieu qui a du potentiel! Encore faurait-il que ce Grand Projet de Ville n’investisse pas que dans de nouveaux bâtiments, mais aussi dans les écoles et l’environnement global des quartiers. La réunion à laquelle j’ai participé montre qu’il reste du chemin à faire!

La vie comme elle va

Qu’en est-il des relations humaines au Mirail?

 Je me permets encore une fois de citer le témoignage des Xavières, communauté religieuse qui m’héberge:

“Habiter dans ces quartiers donne une perception particulière de la situation, qu’il est difficile de communiquer à ceux qui n’y vivent pas. Ici, des milliers de personnes dignes et aimables savent trouver au quotidien les gestes et les paroles qui rendent la vie possible et humaine. Ici, se vit un mélange étonnant de cultures et de religions : c’est extraordinaire que la vie quotidienne y soit aussi paisible malgré la galère que beaucoup vivent.

Pour durer ici, il faut faire le choix délibéré d’aimer le quartier, de s’ouvrir à la différence. Comme le dit Odette, notre voisine : « Ici, on est acculé à cette ouverture : cela permet de passer par-dessus ce qui ne plaît pas et de recevoir toute la richesse de ce mélange de population… Ici, on se salue beaucoup, il y a de la fraternité. je suis touchée par la gentillesse des gens ». “

Effectivement, malgré un environnement très défavorisé, qui prend parfois des allures de cité en ruines à cause des travaux et des bâtiments en passe d’être détruits, la vie bouillonne ici!

A TO7 par exemple, les habitants vont et viennent, lisent le journal en buvant un café, passent des coups de téléphone, donnent ou prennent des vêtements, participent à des déjeuners débats….et tout le monde est le bienvenu.  

Cette sorte de vitrine du quartier, où viennent autant hommes que femmes de toutes cultures, m’a permis de rencontrer un retraité d’origine marocaine, Chakir. Arrivé en France en 1966 pour des besoins de main-d’oeuvre, il a travaillé chez SIMCA pour 3frs 40 de l’heure. A l’époque, les ouvriers étaient obligés d’appartenir au même syndicat que leur patron, et de payer le timbre syndical. Autant dire que mai 68 et le passage de Chakir chez Renault a été pour lui un soulagement, qui ne l’a pas empêché d’être ouvrier toute sa vie et d’exercer mille métiers: “jockey” à Flins (c’est-à-dire testeur de voitures neuves) , cariste à Poissy, ouvrier BTP à Tarbes, débardeur à Saint Godens….

 Un témoignage qui m’a fait prendre conscience du parcours de cet immigré et de sa famille, loin des préjugés qui consistent à croire que “les immigrés viennent ici pour les allocations”. 

L’équipe d’accueil de TO7 soutient avec punch l’originalité de cette structure  initiée par l’Eglise Réformée de France, accompagnant aussi les personnes vers l’emploi, sans oublier l’édition d’un journal et leur site internet très complet sur la vie du quartier.

 J’aurais bien d’autres choses à dire, mais la suite pour très bientôt!

 

 

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Mercredi 9 juillet 2008


 

Au-delà de mes attentes, j’ai rencontré à Cergy des personnalités marquantes, au caractère bien trempé, qui travaillent ou font du bénévolat à plein temps, avec générosité et courage.

 La première d’entre elles est le frère jésuite François Hiverneau, qui porte comme un charme ses 71 ans. Avec 16 années de vie dans le quartier, c’est un pilier du tissu associatif local, à commencer par l’association des habitants, le Secours Catholique ou  Idéal95 (association d’aide à la recherche de logement). Cet ancien délégué syndical se consacre maintenant sans relâche à l’accompagnement des familles et l’animation du quartier. Le jour où je l’ai suivi, il a contacté plusieurs familles pour compléter leur demande de logement, a emmené un petit Tchétchène et un petit Marocain vers le départ du bus qui les conduisait dans une famille d’accueil pour quelques semaines à Agen, a reçu chez lui un jeune homme africain avant son départ pour Sauligny, une jeune fille d’origine sénégalaise pour préparer la fête du quartier, et, enfin, a reçu une bonne quinzaine de coups de fils…

 

 

Plus largement, la simplicité et la fraîcheur de la communauté jésuite avec qui j’ai partagé les repas. Il m’est difficile de les quitter tant j’ai trouvé chez eux une ambiance respectueuse, joviale et attachante.

L’eucharistie qu’ils partagent chaque soir, occasion pour ceux qui le souhaitent de remettre les situations et les personnes qu’ils ont rencontrées durant la journée, cimente leur fraternité et inscrit leur vie quotidienne dans une perspective de foi.

Les frères m’ont fait découvrir leur univers et leurs engagements dans le quartier ou ailleurs: tentative infructueuse d’assister à une audience du juge des libertés et de la détention avec Jean Marie; visite de Césame avec Vincent, club de footing avec Stefano, éclairages précieux de Bertrand sur divers enjeux sociaux, et toutes les rencontres par le biais de François… Je les en remercie!

Enfin, je retiens ma dernière rencontre avec Alice Handy, coordinatrice de l’AFAVO,  association pour l’accompagnement des femmes et familles migrantes.

Cette structure a eu la bonne idée de former des médiatrices avec des femmes du quartier issues de différentes cultures. Leur rôle est d’accompagner les migrantes dans les institutions pour que travailleurs sociaux, bailleurs et populations d’origine étrangère se comprennent. Les médiatrices font également de l’accès au droit et vont parfois jusqu’à accompagner les travailleurs sociaux mandatés par le juge dans le cadre de mesures éducatives à domicile.

Un travail préventif et éducatif qui rend service tout autant à la population qu’aux institutions, et pacifie les relations dans le quartier.

(ci contre, affiche “elle est noire, mais elle est belle”. Je l’aime beaucoup!)

On part pour une raison et d’autres s’éclairent en chemin…..

La bienveillance avec laquelle m’ont accueillis les habitants de Cergy et les personnes engagées dans le milieu associatif, leur désir d’être photographiés, écoutés, me confirme que mon voyage est une petite pierre qui concourt à l’édifice de leur grand besoin de reconnaissance. 

Si je peux oeuvrer à cela, par ce blog et par mon écoute, alors mon voyage est déjà réussi!

Ma volonté de rencontrer des assistantes sociales, mon parcours personnel,  et mon regard “neuf” sur les lieux ont permis des échanges enrichissants avec mes hôtes. Voilà encore une belle surprise de ce début de voyage que de pouvoir faire, peu à peu, du lien entre les initiatives des uns et des autres.

Enfin, c’est un aspect auquel j’avais moins songé, ce voyage est aussi une belle expérience spirituelle, qui me rappelle de très bons moments de mon année de volontariat en banlieue, à Saint-Etienne, comme JVE, il y a deux ans.

La suite de mes aventures très bientôt, sous le soleil et l’accent chantant du sud. :-)

Merci pour vos commentaires que je lis avec avidité!

 

 

 

 

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Mercredi 9 juillet 2008


Dans le quartier des Genottes, la fête battait son plein ce dimanche.

Une ambiance bon enfant, des jeux attraper la pommeindémodables pour les petits et les grands…course en sac

 

L’occasion, comme le souligne un habitant du quartier, de voir les communautés se mélanger, tout comme les générations et les sexes puisqu’aussi bien le foot que les danses attirent garçons et filles.

 Je suis arrivée presque dernière à la course en sac (sponsorisée par La Poste, s’il vous plaît!) mais j’ai battu Vincent, un jeune jésuite :-)

   

 

 

 

 

 

 

  Mention spéciale à l’épreuve de rap qui a vu, à coup de rimes, s’affronter un aîné du quartier de la justice, Jonathan, et des petits « genotiens » qui n’avaient pas la langue dans leur poche. C’est un vrai challenge de trouver, dans le feu de l’action et en rythme s’il vous plaît, des phrases qui riment. J’ai été surprise par l’imagination de ces gamins et surtout par leur “bagou”.

Certes, certains termes étaient incontournables : “racaille”, “cité”, “Sarko”, “95″ :-)

Ce sont en fait les bases, une sorte de mise en jambe entrecoupée de “ok…ouais… ouais”. 

Puis viennent quelques trouvailles telles “genottes” et ”menottes”, Sarko” et “Rambo”…

L’utilisation du verlan facilite évidemment les rimes - car il y a deux fois plus de chance que le mot finisse bien - mais c’est sans oublier l’argot, bien utile lui aussi.

Assaisonnez le tout de mouvements des bras de haut en bas sur une base rythmique pré enregistrée,  un air sérieux avec bonnet et lunettes de soleil (eh oui, ça va ensemble) et vous obtenez un résultat plutôt drôle, immortalisé dans une vidéo malheureusement trop lourde pour ce blog. Voilà deux photo en guise de consolation.

 

 

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Lundi 7 juillet 2008


 

Me voilà sortie d’une « régul’ », soit une réunion de régulation dans le jargon du service social de secteur.

 Autant dire qu’en cette période de départs en vacances, cela sens le soufre dans la salle de réunion et l’atmosphère, à l’image du temps orageux qui fait branler les fenêtres du service, est électrique.

Il s’agit, en moins de temps possible, de vérifier les plannings et profils de postes des assistantes sociales qui viendront en septembre remplacer ou renforcer l’équipe actuelle ; de dispatcher entre celles qui restent les dossiers de celles qui s’en vont ;  et surtout, d’évoquer quelques situations épineuses afin d’avoir l’avis des collègues et de la responsable.

 Ajoutez à cela une répartition du travail intéressante mais parfois laborieuse en trois pôles (enfance, « BULO » autrement dit budget/logement, et insertion) et une usure bien compréhensible des assistantes sociales sans cesse confrontées à l’urgence, à une très forte précarité et à l’agressivité qu’elle engendre, et vous aurez une petit idée de ce que signifie être travailleur social du Conseil Général à Cergy Saint Christophe !

 Et pourtant, malgré la masse de travail et le nombre de situations sans issues (notamment en ce qui concerne le logement), je sors de cette réunion encore plus déterminée dans mon choix d’être assistante sociale, et si possible d’exercer mon métier en banlieue.

Peut-être parce que, malgré quelques signes de fatigue ici et là, je sens ici un vrai travail d’équipe, composée d’une dizaine de travailleurs sociaux. Sans doute aussi parce que le public de ce secteur est d’une très grande diversité de culture et que cela a toujours attisé ma curiosité.

Mais la raison principale de ma satisfaction est la rencontre avec Mme Subtil, responsable adjointe de la circonscription, qui a eu la gentillesse de m’accorder plusieurs heures de son temps et surtout la simplicité de partager avec moi certains de ses questionnements.

 Comment faire pour améliorer l’écoute et le dialogue au sein d’une équipe de travailleurs sociaux, surtout quand elle est nombreuse et débordée ?

Le mot d’ordre de l’intervention sociale est d’encourager l’autonomie de la personne. Mais si la personne suivie n’est pas en capacité de se débrouiller seule, jusqu’où doit aller le travail de l’assistante sociale pour éviter l’assistanat mais aussi le reproche de « n’avoir rien fait » pour elle ?

 Bref, guère de réponses mathématiques, mais un travail de discernement affiné que Mme Subtil, qui porte si bien son nom, met en œuvre jour après jour à Cergy.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 6 juillet 2008


La “coexistence fraternelle”, voilà une belle expression suggérée dans un commentaire, et sur laquelle j’ai envie de rebondir! (pour agrandir les photos, cliquez dessus)

Il n’est pas forcément apparu dans mes premières images à quel point Cergy est un brassage de cultures : pas moins de 58 cohabitent ici, ce qui fait de cette ville un endroit cosmopolite que j’apprécie énormément et qui me fait beaucoup penser à Londres. ll me semble entrer dans un monde enrichi par cette palette de couleurs de peau et de traditions, et une France qui ne se referme pas mais tend à l’universel.

Ici, je vois que la France est une terre d’asile (malgré les difficultés) et je suis fière de me dire que ces personnes en saris ou en boubous sont ou seront françaises comme moi et que leur différence m’enrichit ici sans que j’aie besoin de prendre un avion pour Delhi ou Bamako !

D’ailleurs, rien de mieux qu’un tour chez Bilal, magasin tenu par un Pakistanais qui a fait fortune et essaimé dans la région parisienne. On y trouve tout aussi bien des nems, du curry indien, de la morue séchée portugaise que des postiches pour les dames africaines ; bref, ça fait un joyeux mélange pour le plaisir des papilles et le bonheur du patron ! (et une demi heure de queue le samedi après midi ;-( ).

Je n’oublie pas non plus la coexistence fraternelle de la communauté jésuite qui m’accueille, comme une mise en abyme de celle du quartier. En son sein, en plus des quatre Français, vivaient cette année un Malgache, un Franco-Indien et un Italien.

Tous ces religieux oeuvrent pour cette diversité, que ce soit par l’investissement de Jean Marie à JRS et à la Cimade, de Bertrand à la revue “Projet” qui analyse des questions de sciences sociales, de François au Secours Catholique, de Vincent à Césame ou de Stefano dans un club de footing et en aumônerie.

Ce midi, nous avions d’ailleurs à notre table un réfugié Kirghize.

Enfin, pour me faire redescendre de mon petit nuage, j’ai failli me prendre ce soir une chaussure sur la tête, projectile lancé du haut d’un immeuble par un jeune en colère contre son copain! Mais une chaussure, finalement, c’est plus amical qu’une pierre! ;-)

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Samedi 5 juillet 2008


Depuis mon arrivée mercredi, je ne cesse d’être étonnée par la densité du tissu associatif, partenaire d’une mairie volontariste en matière sociale. Je serai bien loin d’en avoir fait le tour d’ici mon départ, mais je vous fais un aperçu des visites que j’ai pu faire jusqu’ici:

 Tout d’abord, le Secours Catholique qui s’occupe entre autres de la domiciliation, du logement, des vacances… J’ai pu accompagner le départ d’un groupe de familles et de personnes isolées d’origine multiculturelle qui s’en va à Sauvigny pour une dizaine de jours. 

 J’avais une image un peu vieillie du Secours Catholique qui m’a au contraire frappée par la diversité de ses missions et par ses engagements clairs en faveur des plus vulnérables.

 

 

   L’AFAVO : une association qui vient plus particulièrement en aide aux femmes. Je rencontrerai mardi prochain l’une d’elles, pionnière des « médiatrices » de quartier. En attendant, j’ai découvert les joies de la couture en compagnie des femmes du groupe d’échange des savoirs.

 

 L’Espace Césame à Eragny : un Espace Dynamique d’Insertion (EDI) de l’ADSEA destiné aux jeunes en rupture avec le milieu scolaire. Cette structure, située au bord de l’Oise dans un cadre très agréable, accueille une centaine de jeunes par an, pour une durée d’un an environ. Par le biais de divers ateliers animés par des professionnels et des éducateurs, les jeunes stagiaires apprennent à se connaître eux-mêmes et à bâtir un projet professionnel. Parmi ces ateliers on trouve la video, la sociologie, les revues de presse, le théâtre, les jeux de stratégie, les ateliers d’écriture, les mathématiques, la forge, la taille de pierre, les sports rares. La bienveillance vis à vis de chacun est aussi une valeur forte de l’espace CESAME qui permet à nombre de jeunes de reprendre confiance en eux-mêmes et de retrouver le goût d’avancer.

   Je vous laisse deviner ce qui est écrit sur la grille qu’ils sont en train de réaliser et admirer la construction de leur puits.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, le Maillon, qui est à la fois une grande épicerie sociale, et une structure qui ramène vers le monde du travail des personnes en difficultés par le biais, notamment, d’un jardin d’insertion ou de l’informatique. Un atelier coiffure a été récemment ouvert pour les femmes.

 

S’il n’est pas toujours évident pour une structure de travailler quasi exclusivement avec des bénévoles, j’ai pu saluer la qualité de leur investissement. L’une d’elles proposait les produits de l’épicerie sociale (des éléments de première nécessité vendus au plus bas) avec un tel sens du commerce qu’il ne s’agissait plus d’acheter des quenelles en conserve ou une boîte de sardine mais d’acquérir des denrées alléchantes et sans aucun doute savoureuses!

Et ce jour là, la queue était longue devant l’épicerie!

 

 

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