Archive pour le juillet 21st, 2008

en escale chez les Ch’tis

Lundi, juillet 21st, 2008

Bonjour à tous!

Débordée par mes multiples rencontres, voilà maintenant quatre jours que je suis dans le Nord Pas de Calais, et je n’ai toujours rien dit de mon escale ici ni de mon passage à Bordeaux en début de semaine…bon, il vous faudra patienter un peu!

Quoi qu’il en soit, je suis passée de l’accent chantant du sud ouest à celui, non moins typique depuis le film bien connu, du nord.

A vrai dire, en débarquant à la gare de Lens, j’ai bien cru que j’avais passé le tunnel sous la Manche: les maisons de briques rouges, bars qui ressemblent à des “pubs”, il y a toujours au moins quelques nuages dans le ciel …. Quel contraste entre Toulouse et le pays des corons! Les petites têtes blondes ou rousses, les friteries, les terrils….J’aime cette France riche de ces régions si diverses!

Je suis traitée comme une poule en pâte chez les “Petites Soeurs de l’Ouvrier” qui habitent tout près de Lens, à Sallaumines, dans une maison HLM. Cette petite congrégation a été fondée tout spécialement pour être dans le monde ouvrier, et travailler avec eux. Fernande a ainsi passé toute sa vie comme travailleuse familiale, notamment dans le quartier très pauvre des “Longues Haies” de Roubaix. Elle a ainsi acquis une longue expérience de la culture ouvrière. Quant à Odile, avec son caractère bien trempé, après avoir été caissière pendant 13 ans à Paris, elle a crée ici une association nommée “pour le droit au travail”. Il est vrai que depuis la fermeture des mines et des entreprises de tissage, le bassin dépasse les 30 pour cent de chômage. Cela provoque l’oisiveté, le découragement et quelquefois un goût pas toujours modéré pour la boisson….

J’ai eu la chance de passer une journée fort intéressante au foyer d’hébergement et d’accueil La Boussole à Lens. Les personnes sans abri qui le désirent sont hébergées ici puis accompagnées afin de pouvoir ensuite, éventuellement, basculer sur un CHRS et entamer une démarche d’insertion. La problématique de l’alcool et du chômage est très présente, pour des personnes dont la vie a basculé, par exemple suite à un licenciement ou à un divorce. L’un de ces hommes accueillis était représentant en sous vêtements féminins! Dans ce foyer, ils réapprennent l’hygiène (je ne savais pas que prendre une douche était pour certains un acte irréalisable) , le respect des horaires et le soin de leur personne. J’ai apprécié la présence de l’infirmière, qui a montré mieux que personne ce que veut dire “prendre soin”. J’ai également été agréablement surprise de voir que le 115 (numéro d’urgence pour les sans logis qui n’aboutit guère sur un toit dans les grandes agglomérations) travaille en partenariat avec une équipe mobile. Celle-ci sillonne les coins où sont les sans abri qui ne souhaitent pas venir au foyer. Ceux-ci appellent le 115 pour recevoir un repas, et c’est parfois l’occasion d’un accompagnement vers le foyer pour une douche ou des soins. On est bien loin du 115 anonyme que je connaissais jusqu’ici. L’équipe connaît d’ailleurs bien les sans-logis, et ces derniers connaissent par coeur la douce voix de Christine, standardiste du 115.

La suite très bientôt!